Les gays, leur milieu, leur culture...
Quelles références?

Etre gay ne signifie pas se conformer à un moule ou à une série de critères prédéfinis. Notre point commun est, nous l’avons dit, d’être attirés par d’autres hommes. Au-delà, toute la palette des différences politiques, culturelles, ethniques... est possible. Il y a en définitive autant de façons d’être gay qu’il y a de gays.

Le milieu gay, c’est avant tout vous, le réseau d’amis, d’amants que vous tisserez... Grâce à la diversité du milieu, vous pourrez choisir ce qui vous correspond le mieux.

Le premier contact se fait parfois par le biais des lieux publics (bars et saunas). Il est possible que vous ne vous y sentiez pas à l’aise. Vous n’êtes pas le seul. Même après de nombreuses années de fréquentation, certains gays ont toujours le même sentiment, d’autres s’y sont habitués, d’autres encore ne l’ont jamais ressenti ainsi. Quoiqu’il en soit, rappelez-vous que l’on n’a toujours à être que soi-même... c’est déjà beaucoup!

«Dans le monde homo,
on est obligé de mûrir un peu trop vite. C’est très... très hypocrite, c’est très cruel.
Faut toujours être mince, le plus beau... pour être
intéressant.
Toutes les personnes du milieu ont une vitrine, ils font voir quelque chose qui n’est pas vraiment eux-mêmes. Si l’on
ne grandit pas assez vite,
on se fait écraser,
émotionnellement...»
David, 18 ans
«Un jeune qui
débarque dans le
milieu, qui ne tombe
pas au départ sur
quelqu’un de bien,
risque de s’y perdre.
J’en connais des
gens qui profitent, qui jouent, qui sont
malsains, et le jeune
se retrouve avec ses
petits sentiments
bafoués.»
Patrice, 28 ans

Tout ceci m’a rendu d’abord triste, puis révolté, et finalement je me suis demandé comment j’allais aider ma fille. J’ai décidé d’en apprendre plus sur l’homosexualité. Pourquoi cela se produit-il ? Y a-t-il un traitement ? J’ai compris plus tard que la première question n’a pas encore de réponse et que la seconde est fallacieuse, car il n’y a rien à guérir. J’ai beaucoup lu, j’étais un peu perdu. Les opinions exprimées par les auteurs diffèrent parfois radicalement, selon qu’elles sont basées sur les arrière-pensées et les préjugés qu’ils essayent de défendre.

Certains parents se fâchent parce que leur enfant est homosexuel : ils pensent qu’il les couvre de honte. Depuis que ma fille nous a dit qu’elle est lesbienne et que ma femme et moi nous sommes renseignés un peu plus sur cette question, nous nous sommes considérablement rapprochés d’elle. Avant cela, il y avait des moments où elle nous semblait malheureuse, distante et parfois impatiente. Tout ceci a changé.

Les gays ne sont pas tous des stars. Jouer un rôle ou ne penser qu’à la drague constitue souvent une couverture, un rempart contre la timidité. Si vous souhaitez faire des rencontres, pensez que votre franchise, votre naturel, sont vos meilleurs atouts.

«En prenant contact
avec le milieu, je
me suis rendu compte que ce n’était pas
seulement ce qu’on en voit à travers les médias, mais qu’il y avait beaucoup de gens avec qui je me sentais bien,
et que je n’avais
plus besoin de me cacher, après tout.»
Julien, 22 ans

 

Les lieux de drague publics (parcs, toilettes...) n’attirent pas, à priori, ceux qui recherchent l’amour d’une vie, et peuvent parfois se révéler dangereux. Soyez conscient des déceptions et des frustrations que l’on peut ressentir dans un tel contexte. Choisissez d’autres endroits si le but de votre recherche est la tendresse et l’affection, par exemple.

 

«On entend souvent des gens qui parlent d’établir un couple stable, mais on ne sait pas si c’est ce qu’ils veulent vraiment.
Et il y a ceux qui ont rencontré l’homme de leur vie... On rencontre beaucoup de gens qui ont une vie sexuelle très diverse... et on doit choisir.
Ce n’est pas forcément évident au début de savoir ce que l’on veut. Le milieu est très dirigé vers la ‘drague dure’, et il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds, mais on forme assez vite un groupe d’amis très soudé.
Heureusement qu’il y a les associations, ça permet de sortir de temps en temps du milieu des bars et des boîtes, et de rencontrer des gens pour autre chose que les ‘one-night-stories’.»
Julien, 22 ans
«Il faut aussi dire que je me sens assez vite mal à l’aise avec moi-même quand je fréquente trop le ‘milieu’. Si je vais trop souvent dans les bars, boîtes, etc..., genre vendredi-samedi-dimanche, j’ai un peu le blues, je dis ‘c’est pas mon monde’.
En revanche, j’ai énormément de plaisir à y aller environ une fois par mois, j’y rencontre des gens que je ne vois que là.»
Olivier, 26 ans

Les gays ne fréquentent pas tous le «milieu», vous les rencontrerez au travail, à la piscine, au théâtre, etc... Préférence sexuelle mise à part, leur vie et leurs fréquentations ne se différencient guère de celles des hétéros. Les gays sont partout... ouvrez l’œil !