L’image des gays et la réalité homosexuelle

La plus grande crainte que nous avons lorsque nous découvrons notre homosexualité est celle d’être jugé négativement, d’être rejeté, de ne pas être compris. Cette peur n’est pas toujours infondée... Les plaisanteries douteuses sur les gays circulent encore bien trop souvent; l’insulte de «pédé» est utilisée cou-ramment; l’incompréhension, les idées fausses ainsi que les stéréotypes blessants envers les gays portent encore préjudice à certains. A ce sujet, gardez à l’esprit que les gens ont naturellement tendance à haïr ou à craindre ce qu’ils ne connaissent pas.
«Avant le coming out, j’étais terriblement parano et persuadé que j’allais être rejeté. Ce n’était pas par peur qu’on cesse de m’aimer, mais plus par crainte qu’on m’accuse. La peur de voir le regard de déception, non pas d’une personne qui espère être avec quelqu’un de normal, mais d’une personne qui croit que tu as fait quelque chose de sale.
J’avais peur que l’on ait honte de moi, alors que je n’étais coupable de rien.»
Philippe, 23 ans
L’impression de différence a mené beaucoup d’entre nous à réprimer leurs sentiments, à les cacher, et à s’enfermer dans un silence aussi lourd que douloureux. Se cacher ses propres sentiments participe de la même logique, et constitue parfois une censure encore plus castratrice. L’abus d’alcool, la consommation de drogues ou les tentatives de suicide sont parfois les ultimes recours dans cette fuite. Si de telles extrêmités vous tentent, il est probable que votre solitude et votre désespoir soient véritablement devenus invivables. Vos sentiments sont ce que vous avez de plus personnel, de plus précieux. Les bâillonner serait réduire au silence une des parties les plus importantes de vous-même. L’important est de vivre avec sa différence et de construire une image positive de soi-même.

Vous êtes seul à pouvoir briser le silence à votre sujet, mais des oreilles et des cœurs attentifs sont à votre disposition. Une liste des permanences téléphoniques, des lieux d’accueil et des différents groupes gays se trouve à la fin de cet ouvrage. Par ailleurs, si vous préférez vous adresser à quelqu’un qui ne soit pas directement relié au milieu gay, vous pouvez, dans la plupart des cas, recourir à l’infirmière scolaire, ou encore à un psychologue ou psychiatre pour adolescents.

«Ensuite, j’ai parlé
à l’infirmière scolaire,
elle l’a bien pris et,
comme j’étais très
dépressif, elle m’a conseillé d’aller voir un médecin, un psychiatre, et ça m’a beaucoup
aidé à me remettre d’une
dépression que j’avais faite à cette époque, pour cette raison.»

Jean-Philippe, 23 ans