Tranches de Vie

Christophe
Christophe a 23 ans, il a grandi à Neuchâtel et vit maintenant à Lausanne. Il a vécu deux relations de couple de une et deux ans, il est maintenant avec un copain depuis six mois.
J’ai grandi à Neuchâtel, où il était difficile d’avoir une expérience sexuelle avec des hommes, ce dont je ressentais le besoin depuis un certain temps déjà. Cette envie avait grandi, et un jour elle a eu besoin de sortir. Mon homosexualité, j’ai pu la vivre l’été de mes 18 ans, quand je suis parti en Angleterre. Pour moi, le but de ce voyage (trois mois), c’était bien sûr d’apprendre l’anglais, de me distancer de mes parents, mais aussi de vivre ma sexualité. Une fois là-bas, j’ai rencontré un homme, et après avoir fait l’amour pour la première fois, je me suis dit : «Voilà enfin, c’est ça.»

J’ai pas pu le dire tout de suite aux amis avec qui j’étais là-bas, mais en revenant, j’en ai assez vite parlé à ma mère, car je trouvais important d’en parler aux gens qui étaient proches. C’était une prise de conscience personnelle que je voulais partager avec d’autres, pouvoir être enfin moi-même, me libérer de quelque chose qui était pesant. Je n’étais pas bien en cachant ce que j’avais besoin de vivre.En revenant, c’était difficile pour moi de vivre ça, et il a fallu que je quitte le domicile de mes parents, environ quatre mois plus tard, pour commencer une histoire de couple avec un garçon, avec qui j’ai vécu une année.

D’en parler à ma mère, c’était facile, à mes amis, à mon frère aussi. Pour eux, c’était peut-être pas facile à comprendre, mais tout le monde l’a admis, l’a accepté.

Par contre, d’en parler à mon père, c’était pas possible. Je savais que c’était quelque chose qui n’allait pas être accepté, qui allait poser un problème, déjà qu’on n’avait pas un bon contact. Alors j’ai toujours repoussé le moment de lui en parler parce qu’on n’a jamais trouvé l’opportunité de le faire. Un jour, il a directement posé la question à ma mère, il voulait savoir si j’étais homosexuel. Ma mère le lui a confirmé, et tout de suite après il a voulu avoir une discussion avec moi. Dans un premier temps, ça c’est très mal passé, il m’a reproché le fait d’être homo, il était très déçu de mon attitude, de mon comportement. Ce qui était aberrant, étant donné que c’était pas un choix, mais quelque chose de naturel qui s’imposait à moi. Ensuite nous avons eu une discussion un peu plus constructive et il s’est rendu compte que c’était pas un choix délibéré, mais que la seule chose que j’avais choisie c’était de le vivre.